Conte de l'absurde au quotidien.

(chronique de l'automne 2002)

 

10 décembre 2002. Avez-vous vu cette remarquable émission ?

 

  9 décembre 2002. La sécurité des vols livrée, en Europe, aux contraintes du profit.

Jeudi 5 décembre, les ministres des transports des Quinze ont adopté une position commune sur la mise en place du "ciel unique européen" d'ici fin 2004. On envisage, enfin, une harmonisation des règles et un contrôle unifié de l'espace aérien européen. Cela devrait conduire à une sécurité accrue, mais le lobby libéral ne désarme pas. Il n'a tiré aucun enseignement du récent et dramatique accident du 2 juillet 2002 que nous avons relaté dans la chronique de l'été : le choc frontal d'un Boeing et d'un Tupolev au dessus du lac de Constance par suite des défaillances avérées de la société suisse privée Skyguide.

L'accord sur l'harmonisation des règles européennes comporte donc, avec l'accord de l'actuel ministre français des transports, Gilles de Robien, la généralisation du principe maastrichien du "libre choix des "prestataires de service". Et pourtant ce principe, utilisé pour détruire les services publics, est ici parfaitement inepte appliqué à une mission vitale de sécurité.

Divers pays de l'Union, dont la France, confiaient jusqu'à présent le contrôle de leur espace aérien à un organisme public afin d'éviter qu'il ne donne lieu à une recherche de rentabilité préjudiciable aux impératifs de sécurité. Espérons que les passagers volant au dessus de l'Europe se réjouiront désormais de savoir que leur vie sera confiée à des "Skyguide" dont la priorité est d'offrir de confortables profits à leurs actionnaires. Et pour réparer les dégats collatéraux, selon la gracieuse expression utiliséée dans les bombardements aériens, on s'adressera aux assurances qui offrent des profits encore plus confortables à leurs actionnaires, et dont les exigences exorbitantes augmentent considérablement le prix des transports aériens.

 

16 novembre 2002. Sur internet.

 

 

NOT IN OUR NAME est le titre d'un " appel aux hommes et aux femmes de conscience " dont les 30 000 premiers signataires honorent les Etats-Unis tels que nous les aimons.

En voici la première et la dernière phrase :

" Qu'il ne soit jamais dit que les Etats-Unis n'ont rien fait lorsque leur gouvernement a déclaré une guerre sans limite et institué des mesures de répression draconiennes ".

" Ne permettons pas à tous ceux qui nous regardent dans le monde de désespérer de notre silence et de notre absence de réaction. Au lieu de cela, que le monde entende notre promesse : nous résisterons à l'engrenage de la guerre et de la répression et nous rassemblerons tous ceux qui veulent agir pour l'arrêter ".

On peut lire le texte complet sur le site http://www.nion.us/NIONINFR.htm

Un collectif de 600 intellectuels et artistes relaie, en France, la pétition américaine " NOT IN OUR NAME " et recueille des signatures individuelles qui peuvent être communiquées à Jean Pierre Barrois, Email : barrois@univ-paris12.fr ; télécopie : 01 48 89 18 37.

Selon les initiateurs de l'appel français, " un véritable compte à rebours vers la guerre " est engagé depuis que le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1441 le vendredi 8 novembre 2002.

 

20 Octobre 2002.  Pour une fois le quotidien apporte un sujet de satisfaction.

 Le sommet de la francophonie, qui se termine aujourd'hui, réunissait à Beyrouth plus de cinquante pays. Il est sorti de son rôle traditionnel pour rendre à la langue française le bel hommage d'en faire la messagère d'un appel à la paix et au droit international.  Les interventions du Président Chirac pour freiner les ardeurs pétro-guerrières des Etats Unis sont à souligner et on voudrait espérer qu'il ne cédera pas aux grandes manoeuvres (anglo) américaines qui vont se poursuivre pour envahir l'Irak.

Parmi les commentaires suscités par cet évènement, un article de Paul Fromonteil paru dans l'Humanité du 21 octobre, nous paraît particulièrement intéressant. Si tout se passe bien, vous devez pouvoir le consulter en cliquant sur le lien suivant : La francophonie, parlons-en !

 

Octobre 2002.  

Invité par France 2, Jean-Pierre Raffarin disposait, le jeudi 26 septembre, de "100 minutes pour convaincre".

Sur les mérites de M. Raffarin, son thème essentiel, il emporte rapidement notre conviction que M. Raffarin est très satisfait de lui-même.

En face de lui, Madame Schönberg, Messieurs Mazerolle et Duhamel rivalisent de provocations de pacotille, reportant la véritable contestation critique des affirmations du Premier ministre au lendemain de sa disgrâce.

" Si nous baissons les impôts, ce n'est pas par idéologie, c'est parce que c'est bon pour l'emploi ", affirme, par exemple, J-P Raffarin. Personne ne lui demande en quoi c'est bon pour l'emploi. La baisse des impôts directs ne profite qu'aux riches. La consommation du superflu par les gens riches est-elle plus favorable à l'emploi que la création de postes dans les services publics de santé, d'éducation, de sécurité ? Le dégrèvement des entreprises, utilisé pour garantir un taux de profit élevé aux actionnaires, est-il plus créateur d'emplois que le contrôle rigoureux des licenciements ?

Du monologue du Premier ministre relayé par les faire-valoir et brièvement rompu par Claude Allègre, nous retiendrons tout de même un grand moment : l'annonce de la mise en chantier d'un nouveau porte-avions.

Mais personne ne s'étonne, sur le plateau de l'émission, que la France engage son savoir faire et son prestige dans un tel chantier plutôt que dans des grands travaux d'intérêt mondial, usines de dessalement d'eau de mer ou complexes hydro-électriques d'irrigation.

En complément de ce respectueux mutisme, nous avons décidé de rafraîchir nos connaissances sur les porte-avions français, en particulier notre dernier né, le "Charles de Gaulle" représenté ci-dessus.

  Sur le site http://top.lourd.free.fr/docs/porte1.html, nous trouvons d'utiles informations :

La "force de dissuasion", chère à l'armée française, repose sur un principe essentiel : il faut impressionner. Le nouveau fleuron de la marine nationale, le porte-avions "Charles de Gaulle", technologiquement très avancé, a effectivement impressionné par deux fois:

Episode 1 - En 1999 : son pont est trop court...

Episode 2 - Fin 2000 : Il pert une hélice en mer!

Epilogue - La Situation actuelle (sept 2002)

Ceux qui ont oublié les détails de ces remarquables épisodes peuvent consulter le site, en cliquant sur son lien.

Le futur compagnon du "Charles de Gaulle" n'est pas à l'abri de semblables mésaventures qui limiteraient ses possibilités de déplacement en mer et rendraient périlleuses les manoeuvres d'appontage.

C'est pourquoi, un de nos lecteurs a proposé de donner au futur navire le nom de "Zinedine Zidane" et de lui attribuer, puisque les dimensions de son pont s'y prêtent, un statut de plateforme sportive. La présence pacifique de ce terrain de football flottant dans tous les ports du monde ferait plus, pour le prestige de la France, que son aventureuse utilisation guerrière.

 

 Mercredi 25 septembre 2002.

Attention, le Président Bush a la bombe facile !

Voilà un gouvernement qui déclare qu'il n'a rien à cirer des résolutions de l'ONU, qui déclenche une provocation dès que se dessine une perspective de paix, qui affirme, bien installé hors de ses frontières, que l'agresseur c'est l'autre, qui possède une armée ultra moderne formée à ravager les territoires d'autrui, et qui, pour réaliser son grand projet de domination coloniale, entretient le cycle de la violence suicidaire (613 tués dans son camp depuis deux ans) et de la violence organisée (1865 dans le camp adverse).

En outre, le Chef insolent de ce gouvernement a un passé de criminel de guerre, il refuse toute inspection des autorités internationales, toute interposition de casques bleus. Enfin, il est de notoriété publique que son pays n'est pas en train de préparer une bombe atomique mais qu'il la possède déjà ainsi que les vecteurs qui vont avec.

Devant une telle accumulation d'abus avérés et de menaces pour la sécurité mondiale, le Grand Bush et son petit Blair vont-ils se fâcher ?

Soyons plus précis. Le nom du pays décrit plus haut commence par un I. Le nom du Chef d'Etat criminel peut être identifié par les lettres S et H.

Tout le monde l'a compris : il est grand temps de bombarder l'Irak pour mettre Saddam Hussein hors d'état de nuire.

André K. Berrand

 Références : dépêches AFP du 25 septembre 2002 reproduites sur le site Wanadoo.

 "Israël a défié mardi une résolution de l'ONU en maintenant le siège du leader palestinien Yasser Arafat dans son QG de Ramallah, en Cisjordanie, quelques heures après avoir tué neuf Palestiniens dans une opération militaire d'envergure à Gaza".

"L'ONU peut demander ce qu'elle veut, Israël continuera son opération jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints" a déclaré un haut responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat.

"Avant l'aube mardi, (...) des unités israëliennes alignant 90 blindés appuyés par des hélicoptères d'assaut ont pénétré dans deux quartiers périphériques de Gaza, s'en retirant après avoir dynamité des bâtiments, dont treize ateliers métallurgiques où, selon l'armée, des armes étaient fabriquées".

"Pour Shimon Peres, les Américains n'ont pas opposé de veto à la résolution 1435 car ils ne veulent pas qu'on leur oppose de veto sur l'Irak".

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