Conte de l'absurde au quotidien.

(chronique de l'été 2003)

 

20 septembre 2003. L'attentat contre ALSTOM des intégristes de Bruxelles.

AFP. Édition du jeudi 18 septembre 2003.

Alstom : Bruxelles donne un dernier sursis à Paris. La France a cinq jours pour proposer un compromis.

La dépêche AFP du 18.09.03, qui n'a aucun caractère polémique, laisse perplexe devant l'arrogance des commissaires de Bruxelles, commissionnaires des grands intérêts financiers avant d'être les serviteurs - leur seule légitimité - des états de l'Union européenne :

Bruxelles - La Commission européenne ne veut pas céder au "fait accompli" que constituerait à ses yeux une entrée immédiate de l'État français dans le capital d'Alstom, mais a accordé hier un délai de grâce de cinq jours à Paris pour trouver un compromis sur des aides alternatives.

... la commission a accordé un délai de grâce de 5 jours à Paris ...

Bruxelles, qui a ouvert une enquête sur "le paquet d'aides" à Alstom, a "constaté que les conditions sont remplies pour enjoindre aux autorités françaises de ne pas mettre en exécution une participation de l'État aux fonds propres d'Alstom", selon le commissaire européen à la Concurrence, Mario Monti.

... M. Mario Monti juge qu'il peut enjoindre aux autorités françaises ...

L'exécutif européen a toutefois donné un ultime sursis à la France, jusqu'à lundi, avant d'éventuellement ordonner une suspension, qui toucherait aussi le prêt subordonné prévu par l'État, pour permettre au gouvernement de lui présenter une offre acceptable.

... ultime sursis à la France ... pour permettre au gouvernement de lui présenter une offre acceptable ...

"La Commission m'a habilité moi-même, en accord avec le président [Romano] Prodi à adopter et mettre en exécution l'injonction de suspension au plus tard le 22 septembre 2003, sauf si les autorités françaises s'engagent publiquement à ne pas participer à des mesures qui impliqueraient automatiquement, et de manière irréversible, une participation de l'État aux fonds propres du groupe Alstom sans approbation préalable de la Commission", a déclaré M. Monti.

... La commission m'a habilité Moi-Même (Mario Ponti) à adopter et mettre en exécution l'injonction de suspension ...

Devant la presse, le commissaire a assuré qu'il restait "ouvert à continuer le dialogue avec les autorités françaises" et s'est dit "confiant" dans les possibilités d'aboutir à une solution compatible avec les règles européennes. Le ministère français des Finances entend, de son côté, poursuivre les négociations "avec le souci de trouver une solution qui permette de sauver une grande entreprise européenne et ses emplois".  

Alstom est un groupe clé des biens d'équipement en France et en Europe. Avec, 118 000 salariés dans le monde dont 23 000 en France et 78 000 en Europe, l'entreprise est présente dans 4 domaines d'activité : l'énergie (55 % du chiffre d'affaires) - centrales électriques, turbines, chaudières - ; le transport (20 %) - TGV, systèmes roulants des métros et tramways, signalisation - ; la transmission et la distribution d'électricité (15 %) ; la construction navale (10 %).

Equipementier intervenant sur de grosses infrastructures et de gros contrats à long terme, le groupe s'accommode mal des exigence d'une rentabilité à court terme que font peser ses actionnaires de type financier, en particulier les fonds d'investissement anglo-saxons, et les banques.

L'endettement d'Alstom (5 milliards d'euros) condamne la gestion libérale et non les performances industrielles de l'entreprise à tel point que les banques créditrices se sont engagées à la renflouer sous réserve d'une entrée de l'Etat français dans le capital d'Alstom (300 millions) accompagnée de l'octroi d'un prêt à long terme (200 millions).

Les libéraux intégristes de Bruxelles qui veulent "assurer l'intégrité du marché unique sans disorsion de la concurence" se montrent plus royalistes que l'argent-roi. Infallibles oracles du libéralisme de droit divin, ils placent le dogme au dessus de tout, contestant rudement, ce qui est un comble, l'orthodoxie libérale du gouvernement français.

L'avenir nous dira si M. Mario Monti, récemment converti au principe de la fusion des entreprises géantes, fusion qui évite de distordre la concurrence en la supprimant, n'est pas mandaté par ses véritables patrons de la finance internationale, pour faire digérer Alstom par une entreprise concurrente, Siemens, par exemple.

 

14 septembre 2003. Au temps de la chute des feuilles d'impôt.

Sous le titre " LA DUPERIE DU DISCOURS FISCAL", " l'Humanité hebdo " du 13-14 septembre 2003 publie un remarquable dossier de 4 pages. Une analyse chiffrée des impôts en France, en Europe, aux USA et au Japon est accompagnée d'une dénonciation de " La nouvelle norme mondiale de la baisse réitérée d'impôts ".

Mais la démagogie anti-impôts fait de tels ravages, même auprès d'un public populaire, qu'un journaliste avance avec prudence sur le terrain miné de l'impôt sur le revenu :

" Plutôt que d'alléger l'impôt sur le revenu et l'impôt de solidarité sur la fortune, il conviendrait au contraire de rendre plus dynamiques ces impôts progressifs et justes. L'effet recherché pourrait être un lissage des disparités de revenus entre les différentes couches de la population, dans le but d'une meilleure répartition."

Pourquoi ne pas affirmer plus rudement des évidences ?

Le dogme libéral flatte l'égoïsme des contribuables en présentant l'impôt sur le revenu (IR) comme une "confiscation fiscale" les dépouillant d'une partie du fruit de leur travail et des intérêts de leur patrimoine. C'est doublement malhonnête. D'une part, comme tout impôt, l'IR contribue à financer des biens et services d'intérêt général, d'autre part les critères définissant la rémunération du travail et la rétribution du capital tiennent compte de l'imposition en même temps qu'ils pénalisent le travail au profit du capital et surestiment les besoins et les mérites des élites autoproclamées.

A partir d'un niveau de ressources suffisant pour assurer une vie familiale aisée, l'impôt sur le revenu doit donc être perçu comme une contribution normale au fonctionnement des services gérés par l'état. Quand l'aisance devient confort puis fortune puis opulence, le contribuable doit être proportionnellement plus lourdement imposé car, au delà de sa consommation directe, il profite pleinement des biens communs et du travail d'autrui. En outre, ayant largement accès au superflu, il a un devoir de solidarité envers ceux qui sont privés du nécessaire.

Les gouvernements de droite et, malheureusement, de gauche, présentent comme un taux à ne pas dépasser, le reversement de 50 % sur la tranche la plus élevée du revenu imposable, souvent fort éloigné du revenu réel pour les gens distingués assistés d'un conseiller fiscal. Pourquoi accepter cette limitation symbolique à 50 %, alors que la satisfaction des besoins personnels du contribuable et de sa famille est déjà assurée au delà du luxe ? Un gouvernement responsable devrait, au contraire, revenir à un mécanisme d'imposition dissuasif pour les revenus outranciers. On peut appeler revenus outranciers ceux dont les bénéficiaires vivent dans un monde clos d'égoïsme et d'arrogance et disposent de pouvoirs exorbitants procurés par l'excès d'argent. Les mots solidarité et démocratie sont dans la bouche de tous les gouvernants : s'ils veulent leur donner un sens , ils peuvent commencer en ouvrant des tranches de 60, 70, 80 et 90% dans l'impôt sur le revenu.

 

11 septembre 2003. Dessin du jour paru dans " Le Monde ".

J'ai reçu par mail ce dessin avec un très simple commentaire auquel je n'ai rien à ajouter.

" Dessin de Plantu. Avec un dessin il a tout expliqué. Amicalement, Jean-Luc."

 

31 août 2003 . L'intox (voir plus loin).

30 août 2003 . Canicule, retraites et impôts (voir plus loin). 

23 août 2003 . On ne prête qu'aux riches (transféré sur le site le 28 août ; voir plus loin).

 

L'information ci - dessous qui échappe à l'absurde et au quotidien restera en tête des chroniques de l'été jusqu'au MOIS de septembre 2003.

Le 27 Août, Mars est en opposition avec le soleil et très proche de la terre, a 56 millions de km ce qui ne s'est pas produit depuis 76000 ans. Profitez des semaines prochaines pour admirer notre petite voisine (son diamètre de 6800 km. est un peu plus grand que le rayon de la terre).

Comme sa grande soeur, Mars tourne sur elle même en un peu plus de 24 h. et son axe est également incliné de 24 degrés environ par rapport à son plan de rotation autour du soleil. Mars est Plus éloignée du soleil que la terre et l'année martienne est presque deux fois plus longue (1,88) que l'année terrestre.

Mars a deux petites "lunes" a qui nous avons donné les noms déplaisants de phobos (frayeur) et Deimos (terreur). Elles sont proches du centre de la planète : 9300 km et 23000 km et ont une période de rotation de 8 et 30 h.

Les missions spatiales vers mars ont débuté avec la fusée mariner 4 qui décolla le 28 novembre 1964 . Parmi les nombreux sites que vous pouvez consulter pour suivre la conquête en cours de ce monde nouveau, le site http://www.neufplanetes.org/systeme_solaire/mars.html me semble très bien documenté.

 

31 août 2003 . L'intox.

 

30 août 2003 . Canicule, retraites et impôts.

Bien avant la canicule de juillet-août 2003, au moment des grandes manifestations pour des retraites décentes, les remarques d'un ami, médecin hospitalier neurologue, m'ont impressionné. Il déplorait que ni le gouvernement, ni même ses adversaires ne posent le problème, pour lui majeur, de l'accueil médicalisé des personnes très âgées, physiquement dépendantes ou atteintes de la maladie d'Alzheimer.

La surmortalité de l'été touchant plus de dix mille vieillards illustre ses inquiétudes. Les restrictions des soins à domicile, les insuffisances quantitatives et qualitatives des maisons de retraites, la chasse aux postes dans les hôpitaux aggravée par une application absurde de la diminution du temps de travail (non compensée par la création d'emplois alors que le déficit en personnel soignant était déjà aigü) ont transformé la canicule en jeu de massacre.

Gérée comme on sait par le gouvernement Raffarin, la canicule de l'été 2003 ouvre d'intéressantes perspectives : les grands froids, les grandes chaleurs, les épidémies de grippe, les catastrophes naturelles ainsi que les effets du libéralisme galopant, pannes d'électricité (au programme de la privatisation d'Edf), pollution pétrolière, tripatouillages alimentaires, spéculations catastrophiques (voir Argentine), etc, peuvent ramener la France à un chiffre de longévité raisonnable après une période de recours déraisonnable à l'état-providence.

La réforme raffarinesque des retraites des gens d'en bas prend alors tout son sens . Ceux qui atteindront 65 ans, usés après toute une vie de travail, bénéficiant d'une retraite médiocre et de soins médicaux dégradés par les réformes à venir de la sécurité sociale et des structures hospitalières, seront les privlégiés du système. Bonne et longue route aux plus solides d'entre eux ! Quant aux autres, passant tout au long de leur vie " active" de la précarité à l'emploi, de l'emploi au chômage, du chômage à l'intérim puis à la retraite anticipée, la faiblesse de leurs ressources calculées au taux Raffarin, ne devrait pas les inviter pas à prolonger inutilement leur existence.

Dans ces conditions, l'appel à la solidarité de M. Raffarin est assez malvenu. Il ne concerne évidemment que la solidarité entre actifs d'en bas et retraités d'en bas, jeunes d'en bas et vieux d'en bas. A l'évidence, les contribuables aisés et riches sont fiscalement exonérés de cet effort de solidarité par la diminution démagogique et imbécile de l'impôt sur le revenu.

   

23 août 2003 . On ne prête qu'aux riches.

Atlantistes inconditionnels ou français altermondialistes, nous sommes imprégnés de culture américaine, par notre mode de vie, les films, la télé, la pub, la littérature. Ainsi la période des vacances se prête bien à la lecture paresseuse de romans policiers made in USA.

Un roman de John Grisham publié en 2000 à New York sous le titre " The brethren " (en français, " L'engrenage ", Laffont, 2001) met en scène un parlementaire américain, Aaron Lake, que le directeur de la CIA, Teddy Maynard, a choisi pour en faire le prochain Président des Etats Unis. Bien sous tous les rapports, Aaron Lake se distingue par sa qualité de président de la commission des forces armées de la chambre, et par ses liens avec quatre gros fournisseurs de l'armée situés dans sa circonscription.

Maynard lui fait une description horrifique des menaces de guerre venant de partout dont ses services ont connaissance et lui dicte le thème de sa campagne : faire peur et s'engager à doubler la budget de l'armée.

" Juste après l'annonce de votre candidature, nous instillerons la peur dans l'esprit des électeurs ... nous allons les secouer ; nous créerons une crise à l'autre bout du monde et Aaron Lake deviendra un visionnaire ... Nous ferons monter la tension en publiant des rapports, en manipulant les medias, en embarrassant vos adversaires. En toute franchise, monsieur Lake, je ne pense pas que ce sera bien difficile."

Pendant la campagne présidentielle de Lake richement financée par les industriels de l'armement, Lufkin, agent de la CIA en mission au Caire, est informé d'un attentat prévu, le soir même à l'ambassade américaine où doit se dérouler une importante réception - la bombe sera dans une camionette. Il ne prévient pas son patron. Ils s'étaient déjà trouvés dans ce genre de situation. Teddy n'allait pas intervenir. Le Caire était devenu une ville dangereuse pour les occidentaux et nul ne reprocherait à la CIA de n'avoir pu déjouer l'attentat. La mutiplicité des attentats, des agressions, des actes de violence gratuite aussi bien chez eux qu'à l'étranger avait endurci les américains. De la fenêtre de sa chambre, Lufkin voit le toit de l'ambassade. En lisant, il attend le feu d'artifice.

Cette lecture de vacances encore fraîche à l'esprit, je prend connaissance de l'information suivante :

Mercredi 20 Août 2003

Irak : un attentat meurtrier frappe l’Onu à Bagdad

Hier, un attentat au camion piégé a ravagé le Canal Hotel, QG des Nations unies à Bagdad, faisant au moins 17 morts dont le représentant spécial de l’Onu en Irak, Sergio Vieira de Mello, et des centaines de blessés.

L’explosion qui s’est produite juste devant le bureau de M. de Mello suggère que le représentant onusien était peut-être la principale cible de l’attentat. Pourtant, les Nations Unies, mises hors jeu par Washington en début d’année concernant l’Irak, étaient revenues à Bagdad au printemps avec un rôle plutôt limité. Nommé le 23 mai par Kofi Annan, le haut fonctionnaire brésilien Sergio Vieira de Mello devait assurer le retour de l’Onu dans un pays où le contrôle civil et militaire est aux mains des forces américaines

 

16 août 2003

La panne géante qui a privé d'électricité 50 millions de nord-américains était prévisible et même annoncée comme inévitable à court terme par le NERC (North American Electricity Reliability Council), organisme créé après la grande panne de 1965. Dans les années 1990, les Etats-Unis ont complètement déréglementé le marché de l'électricité et la concurrence a provoqué l'arrivée de nombreux acteurs privés ; mais, malgré la demande rapidement croissante, personne n'a voulu construire de nouvelles lignes à haute tension ou rebâtir les systèmes de connexion (la plupart des équipements datent des années 50) : la déréglementation bloque les financements à long terme. (cf : Le scénario de la panne du siècle, Pascal Riche, samedi 16 août 2003, "Libération").

... Et M. Raffarin a déjà commencé à dépecer EdF avec la complicité de la Compromission de Bruxelles.

 

29 juillet 2003

Ceuilli dans l'actualité avant les autres mauvais coups de l'été :

La logique maffieuse du monde libéral retourne et pervertit les mots : David Kelly, victime du mensonge d'état, est une " taupe " puisqu'il a renseigné un journaliste de la BBC. Le directeur de la BBC, Gavyn Davies, est obligé de se défendre, dans le Sunday Telegraph du 27 juillet, de l'accusation d'avoir diffusé la vérité sur les armes de destruction massive en Irak : " Notre intégrité est attaquée et nous sommes chatiés pour avoir adopté une position différente de celle du gouvernement et de ses partisans. Et parce que nous avons eu la témérité de faire cela, certains insinuent qu'un système qui a protégé la BBC pendant quatre-vingt ans soit balayé et remplacé par un régulateur extérieur qui mettrait la BBC au pas."

La logique ploutocratique du monde libéral s'exprime, en France, par l'obstination maniaque de Raffarin, majordome du baron Seillière, à baisser les impôts des plus riches. Le projet de loi Dutreil " d'initiative économique " est en cours d'adoption qui diminue l'imposition sur les plus gros patrimoines au nom de ll'action pour " l'attractivité économique " de la France. En même temps, le gouvernement diminue les ressources des plus modestes épargnants en baissant le taux du livret A (" l'Humanité " du 22 juillet 2003 ) :

Alors que le gouvernement vient d'alléger l'impôt des plus favorisés, il ampute l'épargne populaire pour boucler son budget.

Tollé à gauche et chez les syndicats : en décidant la baisse de 3 % à 2,25 % du taux de rémunération du livret A, le gouvernement s'attaque à un symbole de l'épargne populaire détenu par plus de 46 millions de Français. Il porte ainsi un nouveau coup à la " France d'en bas " chère à Jean-Pierre Raffarin, déjà affectée en un mois par la réforme des retraites, la remise en cause du système d'indemnisation chômage des intermittents du spectacle, ou la hausse des tarifs d'EDF. S'appuyant sur le niveau historiquement bas des taux d'intérêts - inférieurs au taux de rémunération du livret A - le gouvernement a annoncé officiellement hier qu'il baissait au 1er août le taux de rémunération du livret A, mais aussi des autres formules de l'épargne dite " réglementée " : Livret Bleu, Codevi, livret Jeune, compte épargne logement, plan d'épargne logement. Le livret d'épargne populaire (LEP), dont le taux est actuellement à 4,25 %, restera inchangé jusqu'au 1er août 2004, après quoi il sera calculé sur celui du livret A + 1%. En outre, le gouvernement institue, à compter du 1er août 2004, un dispositif de fixation automatique des taux de l'épargne, réglementée sur l'inflation et les taux d'intérêt à court terme. Objectif affiché : aligner ces taux de rémunération sur les taux d'intérêt de la Banque centrale européenne, et faciliter le financement du logement social.

 

22 juillet 2003

Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Vous pouvez même tromper quelques personnes tout le temps, mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps.

Abraham Lincoln

Le corps de David Kelly, cinquante neuf ans, a été retrouvé vendredi 18 juillet à 10 km de son domicile de la région d'Oxford. Il serait mort, selon la police, d'une hémorragie provoquée par une blessure au poignet gauche. Nul doute que la thèse du suicide sera retenue.

Kelly, "gentleman" courtois, était un microbiologiste distingué, conseiller au ministère de la défense du gouvernement Blair après avoir fait partie des inspecteurs en désarmement de l'ONU. Il connaissait bien l'Irak pour s'y être rendu fréquemment.

Son crime, qui lui vaut de s'être ou d'avoir été suicidé, est un crime de lèse-mensonge. Il aurait renseigné un journaliste de la BBC, Andrew Gilligan, spécialiste des questions de défense, et dénoncé les mensonges de la propagande officielle sur les armes de destruction massive de l'Irak. Cette entorse à la règle maffieuse de l'omerta déclencha les foudres d'Alastair Campbell, directeur de la communication de Tony Blair, et de Goff Hoon, ministre de la défense, et le conduisit à la mort.

On pourrait illustrer le mensonge meurtrier d'état qui a tué un homme en Angleterre et des milliers en Irak par le visage halluciné de Tony Blair (dans un article du New Statesman, des psychologues estiment qu'il montre des tendances psychopathes en se réinventant perpétuellement sans jamais se trouver la moindre faute). Mais le mensonge peut aussi prendre un visage aimable.

... et soignée, aussi bien que possible dans un hôpital irakien dont les personnels ont subi, avec stupeur et sans aucune résistance, l'agression d'un puissant commando américain venu libérer la jeune femme, accompagné d'une équipe de télévision.

Complétons ce communiqué AFP du 22 juillet 2003 par une information publiée le 28 juin par l'agence de presse associative transfert.net :

 

 

5 juillet 2003

La ploutocratie maffieuse

Le président en exercice du Conseil européen est, pour six mois, M. Silvio Berlusconi. Personne n'ignore le rôle de sa fortune dans son accession au pouvoir et l'usage qu'il fait de son pouvoir pour mettre sa fortune à l'abri des enquêtes et poursuites judiciaires.

Pour se rafraîchir la mémoire, on peut consulter un édito d'Ignacio Ramonet dans le "Monde diplomatique" de février 2002 en cliquant sur la page Berlusconi de notre site où l'article est reproduit.

En inaugurant son mandat, Monsieur Berlusconi a offert un rôle de kapo à un eurodéputé allemand. Personne n'aurait l'idée d'offrir, même dans un film de pure fiction, un rôle d'honnête homme à M. Berlusconi. Pourtant il représente l'Europe ce qui nous invite à méditer sur les structures étatiques qui accompagnent la mondialisation capitaliste.

M. Madelin a donné à son parti (dont M. Raffarin fut membre) le nom de Démocratie libérale qui caractérise, selon lui, l'organisation politique idéale de l'occident atlantique. L'exemple de M. Berlusconi nous permet de proposer un nom mieux adapté à la réalité : la Ploutocratie maffieuse.

Suivons les travaux d'un ethnologue martien étudiant la notion terrienne de démocratie. Avec une balance de martien, il compare l'influence politique de Tartempion, travailleur modeste et électeur consciencieux, et celle de Berlusconi, travailleur parti de rien pour arriver à une fortune personnelle de 14,5 milliards d'euros. Après avoir détraqué sa balance, il cherche dans le Petit Robert Terrien une variante du terme démocratie adaptée à sa pesée et découvre une citation d'Ernest Renan :

"J'appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses."

Dans la suite de son étude, notre martien explore les réseaux de complicités qui lient, en Italie et ailleurs, l'argent, le pouvoir, les média, l'opulence, la misère, le crime et la guerre. Il cherche dans le Petit Robert Terrien une dénomination pertinente :

"Maffia : coterie secrète servant des intérêts privés par des moyens plus ou moins illicites."

 

1 juillet 2003

 

L' été a débuté, en France, par un coup d'éclat de messieurs Raffarin et Sarkozy, l'arrestation de l'ennemi public numéro 1 : José Bové. Bien que cette chronique soit placée sous le signe de l'absurde, la mobilisation d'un lourd commando policier pour envoyer en prison un militant syndical qui a du sang de riz transgénique sur les mains, laisse perplexe.

L'extrait ci-dessous d'un article du "Monde" (25.06.03) montre que la sanction qui frappe José Bové ne répond pas à la demande de l'équipe de recherches lésée mais à une volonté politique exprimée par le procureur général.

L'emprisonnement de José Bové, dimanche 22 juin, ne semble pas avoir été accueilli avec plaisir par la communauté des chercheurs, même si le leader paysan a, en juin 1999, participé à la destruction d'une expérimentation scientifique menée par le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

"Que José Bové aille en prison ne nous plaît pas forcément, précise Alain Weil, qui appartient à l'équipe de direction du Cirad. Le procureur a demandé une peine de prison. Nous avions demandé 1 euro symbolique de dommages et intérêts. Pour nous, l'enjeu était de défendre la recherche publique. Il est dommage qu'il ait fallu en arriver là pour avoir un véritable débat public, alors que le procès a servi à avoir une vraie discussion - ce qui était l'intention de Bové, et la nôtre, quand nous avons porté plainte."

 Loin de défendre la recherche publique, la justice s'est donc mise au service de la répression syndicale et des multinationales agroalimentaires.

 

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