Dans " Les Femmes Savantes " actualisées, Chysalègre est un admirateur béat de Fabius et TriJospin, alors que sa sur Bélise résiste au radotage libéral des deux pédants.

 Bélise s'adresse à Chrysalègre (acte II, scène VII) :

Bélise.

Mon frère, savez-vous d'où vient l'estoc-option ?
Je veux vous l'enseigner, sans circonlocution.
Vous savez qu'autrefois, c'est d'estoc et de taille
Que les preux chevaliers engageaient la bataille.
Les templiers, par là, gagnèrent des trésors.
Mais la taille et l'estoc furent jetés dehors
Au profit de moyens modernes de rapine
Sans risque de bûcher ni de cercle d'épine:
Capitaux en cavale, 0PA, bourse en feu,
Tout fut bon pour tirer l'argent des gens de peu,
On rétablit la taille en coupant des services,
Ce fut la taille-option, dont on connaît les vices.
Mais il fallait servir l'argent aux gens de bien
Par un moyen commode et qui ne risque rien.
C'est par un coup d'estoc qu'on fit jaillir la source
Du flot d'estoc-options qui requinqua leurs bourses.
 

Texte apocryphe attribué à Molière (Mai 2000)

 

Cette fantaisie littéraire a pour auteur un poète anonyme qu'on pourrait appeler Big brother .
Dans le même temps, en Mai 2000, le débat parlementaire sur les stock-options, inspirait le texte suivant à l'auteur du site :
 
 
Il y aurait beaucoup à dire sur la redistribution équitable des impôts, mais le débat d'actualité autour des stock-options suffit à illustrer la volonté obstinée des plus riches de refuser les règles communes de la solidarité sociale. Voici 28 000 personnes, dirigeants et cadres supérieurs d'entreprise, qui se font payer en "stock-options" pour échapper aux charges sociales. Ils bénéficient de plus values sans risque, souvent considérables, qui sont imposées en dessous du taux normal du barème des impôts sur le revenu. Et le Ministre socialiste des Finances, Laurent Fabius, fait avaliser, par le groupe parlementaire socialiste, des dispositions compliquées qui permettront aux débrouillards (en gérant le temps et en fractionnant les ventes) de ne reverser que 26% de leur sur-salaire masqué, aux impôts.
 
On aurait souhaité entendre le Ministre déclarer avec courage et dignité aux élus socialistes:
 
" Les stock-options sont un mode de rémunération immoral, défendu par la droite, utilisé par les entreprises pour surpayer leurs dirigeants, en plus de leurs salaires et indemnités diverses, mais je dois tenir compte du chantage au désordre économique dont me menacent les bénéficiaires de ce système et je vous demande de céder, vous aussi, à ce chantage. Vous n'ignorez pas que, grâce aux stock-options qu'il s'était fait attribuer, M. Philippe Jaffé a quitté Elf-Aquitaine avec plus de 100 millions de francs, impôts payés. Ainsi, destinés, en principe, à éviter la fuite des cerveaux, les stock-options peuvent également l'accompagner confortablement. En fait, ce système illustre le cynisme libéral : les profits des entreprises doivent satisfaire et fidéliser les actionnaires qui pourraient placer leur argent ailleurs, et non améliorer la vie des salariés qui, grâce au chômage, ne pourront pas trouver de travail ailleurs."
 
Ce discours n'a pas été prononcé et l'amendement 693 défendu par Laurent Fabius et Didier Migaud, rapporteur de la commission des finances, a été adopté à la sauvette dans la nuit du 27 au 28 avril 2000, abaissant, pour la majorité des bénéficiaires, de 40% à 26%, l'impôt sur les stock-options.
 

André K. Berand, mai 2000.

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