Les héritiers du Père Ubu.

 

Monsieur Dominique Strauss-Kahn est une homme heureux. Il a un beau Ministère, le Ministère des Economies et de la Phynance.

Les Economies, il les confie à son collègue, Lionel Gribouille qui traque les crédits et les postes superflus dans les services-publics-donc-inutiles: l'inspection du travail (hi, hi !), l'éducation des cancres, les dépôts de malades, la maréchaussée, les transports du commun ... Comme on dit à l'ENA, plus petit est le budget de l'état, plus heureux sont les gens, moins embauche l'état, moins périclite le chômage.

La Phynance, il se la réserve, parce qu'il espère se hisser à la hauteur des surhommes, les Présidents Directeurs Généraux du libéralisme mondial.

Pour se faire bien voir, il s'ingénie à privatiser tout ce qui rapporte de l'argent, l'eau, le gaz et l'électricité, les ordures, les ondes électromagnétiques, les banques à sous, les banques à trous après avoir comblé les trous, la mise en caisse des retraites, les chemins de terre, de fer, d'eau et d'air, les avions à gens et les avions à bombes ...

Monsieur Strauss-Kahn se fait photographier aux réunions du Géssette, serrant la main du gourou du Effémi et avec ses copains de l'Aussédéé. Il fréquente du beau monde.

Et puis comme il sait, par expérience, que les hommes politiques ne servent à rien et qu'on les oubliera vite, il pose fièrement, pour la postérité, dans un magnifique tableau représentant l'enlèvement d'Europe par Jupiter, déguisé, pour la subjuguer, en Directeur de la Banque Centrale. C'est lui qui, aux pieds de Wim Duisemberg, tient la corne d'abondance d'où ruissellent des flots d'euros.

 

André K. Berrand, octobre 1998.

 

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